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Métier ? Spécialiste ! Domaine ? Euh…

26 janvier 2011

Giuseppe, spécialiste ès relations humaines...

 

C’est un fait : plus aucun journaliste n’a envie de bosser (allez, soyons objectif, certains font encore leur boulot comme il se doit) ! C’est vrai, c’est chiant d’aller chercher l’information à la source, de la vérifier, de la mettre en images… de bosser son sujet, tout simplement ! Alors, pour éviter le surmenage et pour profiter pleinement de leurs RTT, souvent, les journalistes font appel à des « spécialistes ».  Un spécialiste, c’est quelqu’un qui va faire le boulot à votre place et dont on aura pas besoin de vérifier les sources… Une méthode très répandue dans le milieu people, qui s’étend malheureusement à l’info classique. Et ça en devient inquiétant…

 

Ce sont toutes les émissions à la 50 min Inside sur TF1 ou Accès privé sur M6 qui ont gangréné l’information, la vraie. Il suffit d’avoir l’œil (et le courage de regarder ce genre de programmes) pour s’apercevoir que les mêmes « spécialistes » interviennent sur tous les sujets. Ce qui amène à penser que soit ce sont de sacrés bosseurs, au domaine de compétences très large, soit on se fout de notre gueule avec des pseudo experts aussi aptes à répondre aux questions des journalistes que vous et moi. Et, je vous le donne en mille… on se fout de notre gueule ! A coups de phrases toutes faites (« Madonna a su gérer son image » ; « Jenifer est bien entourée » ; « Shakira a su négocier son virage »…) et d’expressions très « corporate » (« fan base » ; « industrie du disque » ; « bancable »…) , ces « spécialistes » arrivent à nous endormir et à donner à du vide un enrobage tout à fait illusoire : en un mot, on fait du pro avec de l’amateurisme. Le spécialiste en la matière, c’est bien sûr Jean-Marc Morandini, qui n’a même plus besoin de bosser : lorsqu’il parle télé, il invite un rédacteur en chef de canard télé…

 

Mais quel est l’intérêt de telles manœuvres ?  La première, c’est évidemment de légitimer une information bas de gamme. Lorsqu’on disserte pendant vingt minutes sur les fausses paparazzades d’un candidat de Secret Story, faire parler Elfassi ou le rédacteur en chef de Télé 7 jours, ça le fait ! On donne au spectateur l’impression d’aller au fond des choses… Alors que la présence d’un sémiologue des médias ou d’un juriste donnerait autrement plus de cachet à l’info… Mais passons. L’autre intérêt, c’est bien évidemment l’échange de bons procédés… D’un côté, Morandini va faire la promo d’un magazine télé qui se vendra bien mieux et dans lequel on parlera de lui (en bien de préférence). La télé reste alors un pur vecteur de promotion, sans que le contenu ne soit important. Le fameux « temps de cerveau disponible » cher à Le Lay. CQFD.

 

Le pire, c’est qu’aujourd’hui, l’information générale s’empare elle aussi de « spécialistes » aussi légitimes que mon filleul de 10 ans. Hormis certaines émissions comme C dans l’air, on nous sert souvent des invités qui n’y connaissent pas grand-chose sur le sujet traité mais qui ont l’avantage d’être ce qu’on appelle de « bons clients ». Un débat sur Marine Le Pen, à Ce soir (ou jamais)! sur France 3 ? On invite Alain Soral d’un côté et Clémentine Autain de l’autre. On sait que le débat volera bas, mais on rira bien. Une émission sur la Tunisie, Mots Croisés sur France 2 ? Invitons Cécile Duflot, Henri Guaino, Laurence Parisot  et Laurent Fabius. Pourquoi ? Euh…  Ben, on peut toujours espérer de bonnes joutes verbales, non ? Ah, si, tiens, une question intéressante à Laurence Parisot : que pensez-vous de la présence d’Orange en Tunisie, détenue à 51 % par les Trabelsi ? « Je redoutais cette question », s’exclame la patronne du Medef qui ajoute ne pas connaître le dossier. Remarque très juste d’un internaute sur twitter : si elle redoutait cette question, pourquoi ne pas avoir étudié le dossier, justement ?

 

Parce que, voyons, on ne demande pas aux spécialistes de répondre sérieusement aux questions, on leur demande simplement de survoler les sujets, de savoir parler aussi bien des chiffres de la criminalité en France que de la situation en Côte d’Ivoire, et pourquoi pas du niveau de la Ligue 1 de football.

 

C’est vrai, je suis un peu con… Après tout, il y a les journaux pour s’informer… La télévision, c’est bien un simple moyen de divertissement, non ? Allez, je m’en vais regarder Morandini!, j’ai du temps de cerveau disponible à mettre à la disposition de Direct 8 !

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