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Juge et parti, quand le jeu n’en est plus un…

21 février 2011

Barma productrice, jurée... bientôt candidate, aussi ?

 

Une drôle de pétition circule en ce moment sur Internet, demandant de « virer Barma du jury d’On n’demande qu’à en rire. » Pour ceux qui ne connaissent pas cette émission (et ils sont nombreux, à en croire les faibles courbes d’audience de ce programme qui culminent difficilement à 11 % de parts d’audience lors des bons jours…), On n’demande qu’à en rire est une émission présentée par Laurent Ruquier qui regroupe, selon Wikipédia, « des humoristes peu connus du grand public, professionnels ou amateurs », jouant devant un jury composé de professionnels du monde du spectacle. Chaque candidat présente un sketch écrit « en fonction d’un thème d’actualité choisi quelques jours avant l’enregistrement de l’émission parmi une liste de sujets. » Les candidats sont alors notés en partie par le jury et en partie par le public. Une moyenne supérieure à 12 leur permet de revenir dans une émission suivante (sauf changements de règles de dernière minutes pour doper l’audimat, nous y reviendrons peut-être plus tard). Jusque là, rien de très original, à l’heure de la télé-réalité.

 

Malgré quelques arguments un peu naïfs (sur les différences d’appréciations entre les jurés et le public, par exemple), le problème soulevé par cette pétition est réel. Car Catherine Barma est la productrice de l’émission. Et depuis le 21 janvier, elle fait partie du jury quotidien, endossant donc deux rôles totalement antinomiques. Car, peut-on être juge est parti ? Catherine Barma, comme le rappelle la pétition, lors de l’émission du 18 février (revoir la vidéo), après le sketch (hilarant) de Garnier & Sentou (« Bientôt des centrales nucléaires sous la mer »),  a sorti plusieurs phrases étonnantes : la productrice-jurée affirmait, par exemple, que leur sketch n’avait pas été télégénique, « pas amusant du tout à regarder », ajoutant qu’elle regarderait « les audiences au moment du sketch » et que si ce dernier avait été bon, il ferait « 15 % de parts de marché. » Certes, tout cela semblait dit avec une dose d’humour. Mais c’est symptomatique des relations tumultueuses entre l’audimat et la culture.

 

Il s’agit bien dans le cas d’On n’demande qu’à en rire, comme le précise le site de l’émission, de découvrir des « humoristes en devenir » et de « repérer les nouvelles stars de l’humour. » Les producteurs ont parfois tendance à oublier que ce sont les candidats de ce Petit théâtre de Bouvard version 21ème siècle qui font l’émission.  Aujourd’hui, d’ailleurs, les nouvelles générations se souviennent plus des Inconnus, de Mimie Mathy, de Muriel Robin ou encore de Chevallier et Laspalès que de l’émission qui les a découverts. Car à l’époque, Philippe Bouvard (malgré tout le mal que je pense de ce bonhomme) privilégiait la qualité des humoristes recrutés plutôt que la forme télévisuelle de ce show. C’est indéniable, un humoriste est fait pour jouer sur scène. La télévision n’est et ne doit rester qu’un vecteur de promotion de l’art. Et lorsqu’on pense audimat en voyant jouer un artiste sur un plateau de télé, on est dans le « Star Ac spirit ». Totalement compréhensible sur TF1, mais indigne pour France Télévisions.

Je suis juge et pas encore parti : je partage cet article sur Facebook !

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